"à brûle pour point"
21 août 2006

La Catherine

Elle ne va sur ses 20 ans, Mais semble mieux connaître les hommes Qu’une femme de mille amants. Son cortège de prétendants S’agrandit de ville en ville Et de temps en temps. Elle se penche, Vers un de ceux qui l’aime, Et en baissant les yeux Lui murmure à l’oreille : « C’est toi celui pour qui je saigne, Celui dont la vie se mélange à la mienne. » C’est la Catherine de Jules, de Jim, La femme du boulanger l’angoisse du prisonnier. Celle pour qui la retenue n’a... [Lire la suite]

07 juillet 2006

Le songe

Les yeux grands ouverts Et les deux pieds sur terre J’avais conquis Le bord du trottoir. Une madeleine en main Et le sourire éteint Je me suis retrouvé 10 ans plus tard mais Comme tout devient Soudain tellement plus dur Lorsque l’on sait Ce que l’on voudrait devenir. Surtout pour ceux Qui n’aiment ni l’aventure Ni les changements d’avenir. J’écoutais Les gens parler Et rire autour. Nous étions parents heureux, Comblés et riches, En amour mais ... [Lire la suite]
30 juin 2006

Des coups de chevalière

T’en menais plus large Tout à l’heure. En gueulant comme un berger allemand Gueule sur un facteur. Bien sûr que les gens t’écoutent. Parce que les gens redoutent Tes coups de chevalière, Sur leurs arcades sourcilières. T’en mène moins large Maintenant que te voilà devant Batkus Ivanowitch Lutteur Russo-Allemand. 116 kilos l’hiver Et 114 au printemps, Au jeu du corps à corps, On trouve toujours plus fort. Il me semblait que tu riais, ... [Lire la suite]
26 juin 2006

Comme tout le monde

Comme j’avais senti Que des années d’études ce n’était pas assez Pour espérer appliquer ce qu’on m’avait enseigné. J’ai pris les devants, Epaulé patiemment par deux cousins d’avant. Trois équilibristes, sur une société, Voient leurs responsabilités s’illimiter. On en avait, soi-disant pour 100 ans A en croire les promesses des gens. Mais promesse du lundi ne tient qu’un instant. Le lundi suivant tu l’as dans les dents. Comme j’avais envie, d’avoir les yeux partout, Et les autres, en dessous, N’avaient qu’à proposer... [Lire la suite]
11 juin 2006

Les enchères

J’en sais quelque chose De toutes ces foires aux instruits Qui nous imposent De ne pas re-décorer notre univers Disait un parfait inconnu En écrivant à son frère. C’est plus sûr de pouvoir envisager Le monde et son passé, Lui répondait son cadet. Ça fait plaisir, de se dire, Qu’on gagne de l’argent Avec un emploi sérieux, Ça rassure au moins les parents. Il y a que je peux pas me passer De voyager, J’ai jamais pu supporter La stabilité. J’apprends... [Lire la suite]
06 juin 2006

L’ambition

C’est avec Celle de droite Que t’as réchauffé la joue gauche De cette tête à claques. T’as dit  « On ne baise pas deux filles à la fois Surtout quand la première c’est moi » C’est avec Celle de gauche Que t’as séché ses larmes En lui disant bien : « Voici venu la fin d’une idylle Qui aura duré trois ans trois mois et trois jours, pile. Mais ne t’en fait donc pas, Je penserai à toi, Dans chacun de mes bouquins, Quand les dix... [Lire la suite]

03 juin 2006

Le minou

Comment je m’appelle Et pourquoi je saigne ? Je crois que celle que j’aime Veut voir l’autre bord de la Seine. On était pourtant bien, de ce coté là, Y avait elle, moi et je sais plus très bien. Elle avait pourtant tiré des plans sur ma comète Et une comète, ça peut être mignon tout plein. Mais je la regarde accoster sur la rive d’en face Et j’ai du mal à distinguer tout ce qui se passe. Alors Comment je m’appelle Et pourquoi je saigne ? Je... [Lire la suite]
22 mai 2006

L’aigri

Découpe le en 2, si tu veux, Fracasse lui le nez Poche lui les yeux. Il fera moins le malin Sous le feu des poings. Il ne dira rien Mais dis toi bien Que dés le lendemain Il recommencera A dire ce que tu as fait Et qui tu l’as fait. C’est pas des coup, même bien portés, Qui lui feront tout, Tout oublier. Alors, Découpe le en 2, si tu veux, Fracasse lui le nez Poche lui les yeux. Mais rappelle toi en lui tordant le coup Qu’il sait tout. ... [Lire la suite]
21 mai 2006

L’esthète

Il existe un pays au-delà de l’océan    Avec un drapeau comme le nôtre Bleu, blanc et rouge, au vent. Bleu comme la mer Blanc comme l’argent Et rouge comme le sang Qui coule de cet argent. Pourtant les gens qui vivent là-bas Sont tellement gentils, Ils nous ont sauvé deux fois, Bien merci Mais pourquoi continuer A êtres si charmants ? Tous ces cadeaux, en 50 ans, non, vraiment. Le Coca Cola franchement fallait pas Les films de pantins, merci... [Lire la suite]
18 mai 2006

Amad

Dans une ville de quelques habitants Derrière un boulevard trop bruyant J’ai quitté ma grande entreprise Le temps que mes soucis réduisent Pour pouvoir enfin partager Les bruits du bistrot d’à côté Il avait la bouche écorchée Et la posture de l’éméché Apres une minute de silence Comme il avait deux verres d’avance, On c’est retrouvé nez contre nez Et j’écoutais ses vieux péchés. Il se souvient vaguement d’après l’accident Quand on l’a remmené, Qu’il à du... [Lire la suite]