Je lis assis là en plein soleil,

J'étais déjà assis ici la veille.

Je viens toujours m'asseoir là

Dès qu'il y a du soleil,

J'ai pas faim, j'ai pas froid,

Et j'ai même pas sommeil.

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Mon nez est un gros poivron rouge

Et il est hors de question que je bouge.

Je trempe, je patauge, dans mon jus

Et il est hors de question, que je me bouge le cul.

Parce que si quelqu'un au moins m'attendait

Je pourrais lui dire encore une heure

Encore une heure et j'y vais...

Mais là, c'est moi qui vais attendre longtemps

Parce que personne, mais personne, personne ne m'attend

Je suis dans un grand Hall de gare.

Je suis arrivé il y a longtemps

Pour pas être en retard.

Je me dirige tout doucement vers le départ.

Parce que ce soir mon gars,

Ce soir je pars

Mon sac me déchire l'épaule droite.

Je suis tout penché sur le coté

On dirait que je boite.

J'avance, je progresse,

Le long de la voie

Quand j'entends en moi,

Une toute petite voix qui dit :

Si au moins quelqu'un m'accompagnait,

Je pourrais lui dire

Faut pas pleurer je jure, je reviendrai,

Mais la seule personne

Qui m'attend sans même le savoir

C'est le serveur du wagon-bar.

Je me plains pas, je constate seulement

La preuve je peux même le dire en souriant.

Mon carnet de rendez-vous est vide depuis tellement de mois,

Que même les aveugles voient plus de monde que moi.

Personne autour, ne m'aborde

Je me demande quel est le prix d'une bonne corde.

Je voudrais qu'on me bouscule ou bien qu'on me montre du doigt,

Je voudrais que les gens autour de moi fassent comme si j'étais là

5,4,3,2,1

à partir de maintenant je me fabrique un destin.

Si en shootant dans cette pierre je touche le réverbère,

C'est que quelqu'un m'attend au prochain tournant.

Batlik : Guitare Voix

(Assis Là 2005 "à brûle pour point")