01_nuit_de_pluie1

Je vis juste à côté de Paris

La d’où je viens c’est un peu qui je suis

Un banlieue parisien

Blanc et gris.


Du plateau de Gravelle on voit toute ma région

Ses tours ses ponts et ses pavillons

Ses deux grandes cheminées qui en fumant

Plongent Ivry dans un brouillard blanc.


La nuit les rues deviennent toutes oranges

La ville se vide et c’est vrai que c’est étrange

Une ville toute éclairée

Et sans personne avec qui communiquer.


Mais quelque fois dans le RER A

Une fille pose ses fesses juste en face de moi

Et en la regardant s’endormir

Je me demande si elle voudrais ou pas

Parce que si jamais elle me regardait

Il se pourrait que je revienne pille la semaine d’après

Même jour même heure

Juste au même moment

En espérant qu’elle ait le même emploie de temps.


Terre à terre, ville contre ville

Paumé dans une sphère au milieu de centaines

D’aberrations

Tout cela conditionne ma résignation.


Je vis juste à côté de Paris

La ou des millionnaires

Sous de grands parapluies verts

Prennent le monopole du savoir et des affaires

Et ou tout es permis

Juste pour peu que tu puisses y mettre le prix.


La ou des encarts publicitaires

Prennent le monopole

Du bon goût et ce qui doit plaire

Et où on interdit que les murs se couvrent

De graffitis


Alors ou se trouve la réalité la dedans

Elle a du se faire racheter pas un groupe

Euro-texan

Bien sur qu’on peu racheter la réalité

Quand on possède les bonnes parts de marché.


Ou se trouve l’imaginaire la dedans

Quand de jour en jour de plus en plus de gens

Comprennent très bien l’utilité d’un homme d’affaires

Mais se demande artiste à quoi ça sert.


Terre à terre, ville contre ville

Paumé dans une sphère au milieu de centaines

D’aberrations

Tout cela conditionne ma résignation.


Un sac de ciment sec posé sur un morceau de trottoir

Attend patiemment qu’un ouvrier lui apporte à boire

Et le dépose savamment entre les briques des bâtiments

Pour mieux colmater nos réalités

Celle des riches avec des riches

Dans des quartiers vidés

Et puis des pauvres sur des pauvres

Dans des quartiers bondés

Moi d’abord moi d’abord

Quand il y en a plus y en a encore

Tellement d’efforts pour si peu de réconfort

Tellement d’effort pour si peu d’essor.


Des différences à faire pâlir toute en famille sénégalaise

Expulsés un beau matin

Allez hop du balai, des berlines qui tournent

En cherchant une place,

Chérie met ta zibeline ça fait plus classe.


Des dizaines de maux, de tête des centaines d’allergies

Une bonne dose de solitude et de bruits

Bienvenu l’ami dans la citée d’aujourd’hui.

T’as même pas idées de ce a quoi tu t’habitueras

T’as même pas idée à quel point tout ça te changera

Ici les pierres s’entasse à la même place

Et tout le monde répète :

« Qu’est ce que vous voulez que j’y fasse » (4 fois)


Terre à terre, ville contre ville

Paumé dans une sphère au milieu de centaines

D’aberrations

Tout cela conditionne ma résignation.


Batlik (Juste à côté 2006 « à brûle pour point »)

Batlik: guitare/ chant

J.M Pelatan: basse/ cornet/ ms 20

 


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