Un petit bout de ficelle

Autour de son cou 

Un petit bout de chiffon

Pour ne plus rien sentir du tout

C’est l'enfermement

Qui fait qu'à cet instant

Un prisonnier s'évade en passant par

Un noeud coulant

Un tout petit dérapage

Suffit pour se retrouver

Les deux pieds dans une cage

À mordre un morceau d'oreiller

Pour peu que madame la justice

Ait écouté monsieur l'état

Maintenant on resserre les vis

Je veux parler de celles du bas

La justice a toujours raison

C’est ce que se disent les procureurs justice1

Avant d'avoir à jeter

Quelqu’un en prison

Ce n'était pas Venturi, Blémant ou Renucci

Ni les Napolitains le père Imbert

Ou Mondoloni

Pas d'organisation

De filière ou de protection

Juste 8 mètres carrés

De quoi se pendre

Et le temps de penser

Les parrains en prison

Sont aussi rares que les billets d'avion

On enferme les faits divers

Les grandes gueules et puis leurs petits frères

Lourdes sont les conséquences

De l’internement à outrance

Aussi lourdes que le poids d'un corps

Qui se balance

La justice a toujours raison

C’est ce que disait le président

Avant d'avoir à changer

La constitution

Chaque maison a sa pièce la plus sombre

doc_6511Comme chaque source de lumière

Apporte son ombre

C’est le pharmacien qui se pique

Le petit curé qui s'astique

Une pipe pour une promotion

Tout ce qu'on cache tout au fond

Qu’en est il de la grandeur d'une nation

Où droits de l’Homme et dignité

S’arrêtent aux portes des prisons

Qu’en est-il de ceux qui vivent à l'intérieur

Ceux qu'on fait passer pour des monstres

En ne disant pas qu'il y en a qui pleurent

La justice a toujours raison

C’est ce que se disaient ses parents

Avant de retrouver leur fils

Pendu en prison


Batlik (Juste à Côté 2006 « à brûle pour point »)

Batlik: guitare/ chant/ clavier

J.M Pelatan: cornet