C’est avec

Celle de droite

Que t’as réchauffé la joue gauche

De cette tête à claques.

T’as dit 

« On ne baise pas deux filles à la fois

Surtout quand la première c’est moi »

C’est avec

Celle de gauche

Que t’as séché ses larmes

En lui disant bien :

« Voici venu la fin d’une idylle

Qui aura duré trois ans trois mois et trois jours, pile.

Mais ne t’en fait donc pas,

Je penserai à toi,

Dans chacun de mes bouquins,

Quand les dix doigts de mes mains,

Auront fait de moi une écrivain. »

C’est avec

Celle de droite

Que t’as posé sur la route

Et « là-bas si j’y suis »

Dans un sac.

T’as dit :

« Ces carnets de route me font

Pousser des doutes

J’ai peur de mourir idiote

Si je reste au fond de ta grotte. »

C’est avec 

Celle de gauche

Que t’as refermé le sac

Et poussé son épaule.

T’ as dit : mains

« J’emporte le petit porte clefs

Que tu m’as donné,

Celui qui bipe

Quand on le siffle

Histoire de pas l’oublier.

Mais ne t’en fait donc pas,

Je sifflerai chaque jour,

Tellement je serai heureuse,

Que les dix doigts de mes mains

Aient fait de moi, une voyageuse. »

C’est avec

Celle de droite

Que t’as croisé les doigts

En racontant tes cracs.

T’as dit :

« Non je sais pas ,

C’est pas moi pourquoi

J’étais même pas là la preuve tu vois,

Ca me fait de la peine

Que tu penses ça de moi ».

C’est avec

Celle de gauche

Que t’as fait comme si

Tu tombais dans les pommes

T’as dit :

« Je sais jouer la comédie

Et tout le monde croit tout ce que je dis

Vite des tracts j’envisage

De créer mon parti.

Mais ne t’en fait donc pas,

Je parlerai de toi

Dans les plus hautes des sphères,

Quand les dix doigts de mes mains

M‘ auront emmené au ministère. »


Comme les hommes, les femmes demandent

Et comme les femmes, les hommes rassemblent

Leurs deux mains pour…

Grimper toujours plus haut,

Fini de laver le bas du rideau

Par amour.


Mais l’ambition est une gangrène

Qui pourrit les veines des deux sexes

Et, comme par réflexe…

Celui de droite ou celui de gauche,

Si tu regardes tes poignets,

Tu verras que tu as

Les deux poings serrés.

Batlik (Batlik 2004 « à brûle pour point »)

Guitare / Chant : Batlik

Basse : J M Pelatan