J’en sais quelque chose

De toutes ces foires aux instruits

Qui nous imposent

De ne pas re-décorer notre univers

Disait un parfait inconnu

En écrivant à son frère.

C’est plus sûr de pouvoir envisager

Le monde et son passé,

Lui répondait son cadet.

Ça fait plaisir, de se dire,

Qu’on gagne de l’argent

Avec un emploi sérieux,

Ça rassure au moins les parents.


Il y a que je peux pas me passer

De voyager, euros_5b1_5d

J’ai jamais pu supporter

La stabilité.

J’apprends à aimer mon métier

En travaillant

Et j’apprends à progresser

Assidûment.


Et le temps passait, passait, lentement.

Et l’inconnu travaillait comme un dément.

Merci 1000 fois d’avoir,

Mais un peu trop tard,

Permis au jeune homme d’accéder

A la postérité.

J’en sais quelque chose

De la pauvreté, ses déboires et ses névroses.

Et une putain usée

Est 100 fois plus belle

Qu’une fille embourgeoisée

Des quartiers nord de Bruxelles.

Comme c’est beau de pouvoir satisfaire

Une femme honnête

Lui répondait son petit frère.

Ça fait plaisir, de se dire,

Qu’on fait un enfant

A une dame sérieuse,

Ça rassure au moins les parents.


Il y a que je peux pas me passer

De compagnie

Et on peut pas laisser pourrir

Les gens dans le souci.

Envoie nous donc 100 francs,

Pour nous et l’enfant.

J’ai pas encore le niveau

Pour vendre tous mes tableaux.


Et le temps passait, passait, lentement.

Et l’inconnu travaillait comme un dément.

Merci 1000 fois d’avoir,

Mais un peu trop tard,

Permis au jeune homme d’accéder

A la postérité.


J’en sais quelque chose

De tous les problèmes d’argent

Et de santé que je te cause.

Mais dis toi bien, frangin,

Dis le à ta femme,

Que soit je rembourse tout,

Soit je rends l’âme.

L’argent qui passe entre mes doigts

Me revient avec les toiles

Que tu m’envoies.

Et à propos, frérot,

Dis le à ton cerveau,

Qu’on a autant besoin

Qu’on a autant besoin d’oseille

Que de ses deux oreilles.

Il y a que je peux pas échapper

A certaines crises, eurospieces

La solitude et l’air du sud

Me font lâcher prise.

On pourrait trouver des artistes

En abondance,

De quoi remplir tous les asiles

De toutes les villes de France.


Et le temps passait, passait, lentement.

Et l’inconnu travaillait comme un dément.

Merci 1000 fois d’avoir,

Mais un peu trop tard,

Permis au jeune homme d’accéder

A la postérité.


Batlik  (Batlik 2004 « à brûle pourpoint »)

Batlik : Guitare Chant, Chœur

JM Pelatan : Basse