T’en menais plus large

Tout à l’heure.

En gueulant comme un berger allemand

Gueule sur un facteur.

Bien sûr que les gens t’écoutent.

Parce que les gens redoutent

Tes coups de chevalière,

Sur leurs arcades sourcilières.

T’en mène moins large

Maintenant que te voilà devant

Batkus Ivanowitch

Lutteur Russo-Allemand.

116 kilos l’hiver

Et 114 au printemps,

Au jeu du corps à corps,

On trouve toujours plus fort.


Il me semblait que tu riais,

Tout à l’heure,

Escorté par ton grand garde du corps

Aussi grand que ton courage est mort.

À force de traîner avec lui,

Pas après pas,

Quand c’est toi qui te grattes le cul

C’est lui qui sent ses doigts.


T’en mène moins large maintenant que

Te voilà tout seul.

On est jamais si bien servi

Que par soi même.

Dire que tu trembles devant moi

Alors que tu me casserais d’un seul doigt.

Ta protection rapprochée

A fait de toi une poupée.


Et quand mon petit cousin me demande

Comment faire,

Pour arriver à se faire respecter

Sans muscles et sans liquidités ?

Je lui dis que le verbe respecter

Rime avec le mot plaire.

Tous ceux qui cherchent trop à plaire

Finissent par être détestés.


Batlik (Batlik 2004 « à brûle pourpoint »)

Batlik : Guitare, Chant, Chœurs

J M Pelatan : Basse